Des Pyrénées à l'Atlantique : notre traversée vélo gravel en 5 jours
Il est encore tôt quand nos aventuriers posent pied à terre, gare de Lourdes, sac à dos sur l'épaule et une pointe d'excitation dans la voix. Devant eux, cinq jours, cinq étapes, une seule ligne d'horizon : rallier l'océan Atlantique depuis le cœur des Hautes-Pyrénées.
Notre équipe a testé en avant-première cette nouvelle traversée à vélo gravel, une itinérance qui enchaîne les cols mythiques du Tour de France version gravel, les pistes de pastoralisme où résonnent les clochettes des troupeaux, la plus grande hêtraie d'Europe et les ruelles basques, jusqu'à la baie de Saint-Jean-de-Luz.
Sacoches légères, jambes lourdes : ce voyage test, nous l'avons vécu en véritable itinérance, porté par l'accueil de familles d'hôteliers et d'aubergistes qui tiennent leur maison depuis des générations et nous ouvrent, chaque soir, un peu de leur histoire. Voici le récit jour par jour de cette traversée des sommets pyrénéens à l'océan, une nouvelle aventure à vélo gravel qui rejoint bientôt le catalogue GravelUp.
Jour 1 — Saint-Savin et le prologue vers Cauterets
Tout commence par des retrouvailles, quelque part entre Biarritz et la gare de Lourdes. Des visages qu'on reconnaît, d'autres qu'on découvre, une poignée de main, une accolade : le groupe se forme avant même d'avoir enfourché un vélo. Direction Saint-Savin, petit village perché face aux sommets, où les premiers regards vers les crêtes au loin suffisent à planter le décor.
Notre camp de base pour la première nuit est tenu par la même famille depuis sept générations et aujourd'hui par Alexis et Aurélien. Alexis a une particularité : quand il quitte ses cuisines, c'est pour rouler avec GravelUp une double vie qui en dit long sur l'esprit de la maison.
Premier déjeuner au Bistrot de l'Abbaye pour prendre des forces, puis place au prologue. Direction Cauterets pour deux heures de roulage tranquille : on prend en main nos montures, on règle les selles, on apprivoise les premiers virages et on fait connaissance, les conversations s'enchaînent au rythme des coups de pédale. Cauterets nous accueille avec ses façades Belle Époque et son âme de village pyrénéen, station de ski l'hiver et porte d'entrée des grands lacs l'été.
Le ton est donné. Objectif : rallier l'océan et Saint-Jean-de-Luz dimanche. Des sommets pyrénéens à l'Atlantique. Le chemin paraît encore abstrait. Le soir, on se régale au Viscos avant une première nuit de repos bien méritée, la tête déjà pleine d'images de cols à venir.
Jour 2 — Du Val d'Azun à la vallée d'Ossau
Le chef Alexis nous prépare le petit déjeuner. Son omelette est digne d'une grande table étoilée : on ne pouvait rêver meilleur carburant pour lancer l'aventure. Dehors, la lumière du matin découpe déjà les sommets.
On attaque par le Val d'Azun, puis les cols du Couret et de Couraduque, version gravel. Les jambes chauffent, le souffle se cale. Les pistes de pastoralisme prennent ensuite le relais : on croise les estives, les troupeaux, le tintement des clochettes pour seule bande-son, et la montagne s'ouvre peu à peu jusqu'au col du Soulor. Déjeuner en terrasse sous le soleil, face aux sommets. Difficile de repartir.
Il le faut pourtant, car le col d'Aubisque nous attend, l'un des grands mythes pyrénéens du Tour de France celui dont on a tous vu les images à la télévision, et qu'on s'apprête enfin à gravir soi-même. Une fois au sommet, le silence se fait, le temps d'un dernier regard sur le panorama, puis commence la grande descente vers Gourette puis Laruns. On bascule dans la vallée d'Ossau jusqu'au petit village de Bielle, terme de l'étape. Baptiste et sa femme nous ouvrent les portes de l'auberge L'Ayguelade pour un repos et un repas bien mérités après cette première vraie journée de montagne celle qui, dans le groupe, restera comme le vrai déclic.
Jour 3 — Marie Blanque, le Béarn et Larrau
Au menu du matin, un autre géant du Tour de France : le col de Marie Blanque, version gravel cette fois, et sous des trombes d'eau. La pluie s'invite sans prévenir, les gants trempés, mais on serre les dents, on avance, presque en silence, chacun concentré sur la roue de devant. Au kilomètre 9, comme une récompense, la pluie s'arrête enfin. Pause café brûlant devant la jolie petite chapelle du col, et changement intégral de tenue pour repartir au sec. Ce genre de moment trempés, frigorifiés, puis soudés ressoude un groupe pour de bon.
On termine l'ascension puis on savoure la descente vers Escot, cette fois sous un ciel qui se dégage. Le décor bascule : nous voilà en Béarn, avec d'autres maisons, une autre architecture, une autre ambiance. Le soleil pointe son nez et réchauffe les cœurs, et avec lui, le moral remonte d'un cran.
Déjeuner à Aramits, clin d'œil aux Mousquetaires : le château de Porthos se dresse juste sur notre route après le repas, comme un décor de cinéma. Puis cap sur Larrau, au pied du port de Larrau et des chalets d'Iraty. Le dernier kilomètre à 10 % en fond de vallée, jambes vides, laisse des traces sur cette étape de près de 2 000 m de dénivelé positif.
À l'arrivée, Ximun et Fanny nous accueillent à Etxemaité, auberge familiale depuis trois générations. Le soir, dîner semi-gastronomique pour se faire plaisir, avec les cèpes cueillis le matin même par le chef sur les pentes du port de Larrau — l'assiette qui referme la boucle d'une journée entière passée dehors.
Jour 4 — Iraty, Orgambide et Saint-Jean-Pied-de-Port
Le « petit déjeuner à vélo » est corsé : le col de Bagargui pour rejoindre les chalets d'Iraty, soit 12 km et 900 m de dénivelé positif d'entrée de jeu, avant même d'avoir vraiment digéré le café. Les jambes commencent à peser et la suite de la journée ne fait pas de cadeau : une navette est proposée à ceux qui préfèrent garder des forces. Chacun vit l'aventure à son rythme, et c'est bien tout l'esprit du voyage et la force de GravelUp
La montée aux chalets d'Iraty est superbe. On redescend ensuite vers les Casas d'Irati et la Selva d'Irati, la plus grande hêtraie d'Europe : une cathédrale de hêtres centenaires où la lumière tombe en rayons obliques entre les troncs. Sous les arbres, les pistes gravel longent le torrent, le bruit de l'eau couvre presque celui des pneus sur la terre : un pur régal jusqu'au pique-nique où Pierre nous attend.
Cette fois, nous sommes vraiment au Pays basque, d'abord côté espagnol puis de nouveau côté français. La frontière se traverse ici sans borne ni barrière, presque sans qu'on s'en aperçoive. On rejoint Saint-Jean-Pied-de-Port, Donibane Garazi en basque, par le col d'Orgambide : vue à 360° sur les montagnes basques et un cromlech qui trône tout en haut, témoin silencieux de passages bien plus anciens que le nôtre. Suivent 20 km de descente par les sources de la Nive, puis le long de la Nive elle-même, la rivière qui nous conduira jusqu'à la côte le lendemain.
On entre dans la ville par la Porte d'Espagne, d'où partent les pèlerins vers Roncevaux et le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle un autre genre de traversée, mais la même idée d'un chemin qui se mérite. Dîner au café Ttipia en plein centre, puis nuit au superbe Hôtel des Pyrénées, tenu lui aussi par la même famille, les Arambide, depuis plusieurs générations.
Jour 5 — De Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jean-de-Luz
Dernière étape, et un clin d'œil pour nous : on parcourt à l'envers ce que nous faisons habituellement sur notre séjour Pays basque en étoile. De Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jean-de-Luz, on enchaîne les plus beaux villages : Bidarray, Itxassou et son superbe Pas de Roland, Ainhoa, Sare, puis Ascain, et à chaque nom de village, le sentiment de toucher au but se fait un peu plus fort, avant de rejoindre la baie de Saint-Jean-de-Luz.
L'arrivée se fait sous la tempête, face à un océan démonté comme si les Pyrénées avaient voulu nous offrir un dernier adieu théâtral. Une vision finale épique, à la hauteur de ce voyage partagé, qui a gravé des souvenirs pour la vie.
Et vous, prêts pour la traversée ?
Cinq jours pour passer des cols mythiques du Tour de France aux vagues de l'Atlantique, de la Bigorre au Béarn puis au Pays basque. Des chemins d'exception, des paysages qui changent chaque jour, et surtout des hôtes qui transmettent leur maison et leur cuisine de génération en génération, l'âme de cette traversée est autant dans les rencontres que dans les kilomètres.
Cette nouvelle traversée à vélo gravel, des sommets pyrénéens à l'océan, rejoint bientôt le catalogue GravelUp. Vous voulez être parmi les premiers à la vivre ? Écrivez-nous, on vous raconte tout.
